Diriger
La vision transforme la confiance en influence.
En 2026, diriger ne veut plus seulement dire décider. Cela veut dire inspirer, rassembler et incarner une vision commune. Cette section explore comment des idées fortes, des valeurs claires et une lecture fine de la culture permettent aux marques d’exercer un leadership authentique et reconnu.
S'ancrer localement pour se rapprocher à l'échelle nationale
4.1
Partout au pays, le patriotisme inspire de nouveaux comportements : acheter local, soutenir les produits d’ici, célébrer les talents et se rallier derrière des équipes comme les Blue Jays ou Équipe Canada, surtout dans un contexte de fortes tensions commerciales. Ces changements redéfinissent le lien entre les Canadiens et les marques. Loin d’être éphémères, ils témoignent d’un mouvement culturel vers la fierté, l’identité et la résilience.
Avec les Jeux olympiques d’hiver et la Coupe du monde de la FIFA à l’horizon, les Canadiens auront encore plus d’occasions de s’unir grâce au sport et à leur fierté commune. C’est le moment pour les marques d’intervenir : mettre en valeur les héros locaux, célébrer les histoires régionales et s’associer aux communautés de manière authentique et significative.
Cette année, les marques qui sont à l’écoute de la population locale et agissent avec détermination ne se contenteront pas de participer au débat national, elles contribueront à façonner la façon dont les Canadiens se perçoivent dans ce contexte.
Le Canada peut-il jouer un rôle de premier plan sans investir à l'étranger?
4.2
Washington a rejeté les objectifs de développement durable des Nations unies, démantelé l’USAID et annulé des milliards de dollars d’aide étrangère. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont également réduit leurs programmes. Ce recul a créé un vide en matière de puissance douce et accru l’instabilité mondiale.
Le budget 2025 du Canada reconnaît ces turbulences. En réponse aux droits de douane américains et à la montée des tensions géopolitiques, le premier ministre Mark Carney s’est fixé pour objectif de doubler les exportations canadiennes hors États-Unis au cours de la prochaine décennie. Pour y parvenir, le gouvernement renforce ses liens commerciaux dans la région de l’Indo-Pacifique.
La diversification du commerce est une stratégie judicieuse. Cependant, le projet d’Ottawa visant à réduire de 2,7 milliards de dollars son enveloppe d’aide internationale pourrait aller à l’encontre de cette ambition. Les économies réalisées seront peut-être à court terme, mais le coût à long terme sera une perte d’influence et de crédibilité. Comme le souligne Coopération Canada, ces coupes risquent d’aggraver le vide laissé par d’autres. L’aide au développement est un investissement dans la stabilité, les droits de la personne et la croissance partagée.
Une aide bien ciblée renforce les partenariats futurs, soutient la démocratie et renforce la réputation du Canada tant à l’étranger qu’à l’intérieur du pays.
Le nouveau supercycle en matière d’infrastructures
4.3
Le budget fédéral 2025 prévoit 280 milliards de dollars sur cinq ans et simplifie les autorisations pour accélérer les projets avec les provinces, les administrations locales et les partenaires autochtones. L’objectif : lever les obstacles passés et redonner confiance aux investisseurs privés. Après plusieurs annulations médiatisées, des échéanciers clairs, une prévisibilité réglementaire et un soutien gouvernemental (dont le partage des risques) sont nécessaires pour relancer l’investissement.
Pour les entreprises, le défi de communication est de relier les mégaprojets à des bénéfices concrets : énergie abordable, emplois de qualité, prospérité communautaire et souveraineté économique. Cela exige un discours reliant les projets à des plans environnementaux crédibles, à des partenariats avec les populations autochtones et locales en amont, et à des avantages visibles. Dans ce supercycle, les gagnants les gagnants ne feront pas que construire plus vite : ils expliqueront mieux, feront preuve de transparence et démontreront tôt la valeur pour obtenir l’acceptabilité sociale.
Rééquilibrer les dépenses de défense du Canada
4.4
La nouvelle stratégie de défense du gouvernement devrait être dévoilée prochainement. Elle définira le cadre pour la prochaine décennie et au-delà pour le Canada, notamment en établissant un lien clair entre les dépenses de défense et la création d’emplois au pays. En termes simples, il s’agit d’un pari politique colossal, d’autant plus que les Canadiens continuent de citer l’accessibilité financière comme l’une de leurs principales préoccupations. Le gouvernement cherchera à trouver un équilibre entre ces deux fronts, et le succès de cette initiative aura des répercussions sur l’avenir économique du Canada, ainsi que sur les perspectives politiques du gouvernement pour la nouvelle année et au-delà.
L’incertitude doit se transformer en momentum : le cas des élections générales au Québec
4.5
À la CAQ, l’expulsion de députés et les démissions fracassantes de ministres maintiennent le parti en mode gestion de crise. Tout en misant sur une gouvernance plus à droite et un État moins bureaucratique pour reconquérir l’électorat, la CAQ tarde à se mettre en mode électoral. Plusieurs députés ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne se représenteront pas.
Au PLQ, une deuxième course au leadership en moins d’un an s’amorce. Le successeur de Pablo Rodriguez sera connu le 14 mars et disposera de quelques mois seulement pour redorer l’image du parti et en faire une option crédible.
Le Parti québécois (PQ) caracole en tête des sondages depuis plus de deux ans, tout en maintenant sa promesse de référendum sur la souveraineté. Une idée pourtant moins populaire que le parti lui-même.
Québec solidaire (QS) semble engluée dans une crise identitaire alors que Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois font leurs adieux à la politique provinciale.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), lui, est bien en mode préélectoral. Éric Duhaime annonce des candidatures, déterminé à faire son entrée à l’Assemblée nationale.
Bref, à quelques mois du scrutin, la plupart des formations tardent à entrer dans la danse. Le parti qui remportera l’élection du 5 octobre n’est pas celui qui aura connu la meilleure campagne, mais celui qui aura su créer le momentum.








